
Le prêt relais permet de financer un nouvel achat en attendant la vente de votre bien actuel, sans attendre que la transaction soit bouclée. Mode d'emploi, quotité et points de vigilance.
Le principe : une avance sur le prix de vente
La banque vous avance une partie de la valeur du bien que vous mettez en vente, net du capital restant dû sur un éventuel prêt en cours. En pratique, les établissements financent généralement entre 60 % et 70 % de cette valeur nette, et au maximum 80 %. C'est pour cela qu'une estimation réaliste et documentée du bien à vendre est la première condition de réussite d'un relais — la surestimer, c'est se mettre en difficulté au moment du remboursement.
Relais sec ou relais adossé
Deux montages, selon votre projet :
- Le relais sec : le bien que vous achetez coûte autant ou moins cher que celui que vous vendez. Le prêt relais suffit, sans crédit complémentaire.
- Le relais adossé à un prêt amortissable : le nouveau bien est plus cher. Le relais se combine alors avec un crédit immobilier classique, dont la mensualité s'ajoute (ou non) à celle du relais selon la formule de franchise choisie.
La franchise : ce que vous payez pendant l'attente
Pendant la durée du relais, deux formules coexistent : la franchise totale, où vous ne réglez que l'assurance décès-invalidité, le capital et les intérêts étant remboursés en une fois à la vente ; et la franchise partielle, où vous payez les intérêts chaque mois, le capital restant dû in fine. Le choix dépend de votre capacité à assumer, en parallèle, la mensualité de votre nouveau logement.
La durée : ce qui se passe si le bien ne se vend pas
Un prêt relais dure généralement 12 à 24 mois. Passé ce délai, si le bien n'est toujours pas vendu, le dossier doit être restructuré — le plus souvent en ajustant le prix de vente ou en renégociant les modalités avec la banque. C'est un scénario à anticiper dès le départ, pas à découvrir en cours de route.
Un crédit immobilier comme un autre, aux yeux de la loi
Le prêt relais est juridiquement un crédit immobilier au sens du Code de la consommation (régime général des articles L.313-1 et suivants), avec un régime spécifique aux articles L.313-25 et L.313-25-1. Vous bénéficiez donc des mêmes protections que pour un prêt classique : remise d'une fiche d'information standardisée européenne, mention obligatoire du TAEG, offre de crédit écrite, et un délai de réflexion d'au moins 10 jours avant de pouvoir l'accepter. Le taux, lui, est libre, sous la seule réserve du taux d'usure publié chaque trimestre par la Banque de France.
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